Remnants, 2024 (en cours)
Peinture à l’huile sur toile, dimensions variables.
Vue de l’exposition personnelle « Out of the blue », galerie Sfeir-Semler, Hambourg, 2024.
Dès octobre 2023, l’artiste reçoit au quotidien, sur le réseau de télécommunications Telegram, des images de Gaza où se déchaîne l’incommensurable violence des chars, de l’aviation et des drones israéliens. Lorsque la photo arrive sur l’écran de Batniji, elle est floutée avant d’être téléchargée et qu’elle n’apparaisse dans sa forme la plus brute. C’est ce moment précis, ce moment suspendu et éphémère qui précède la confirmation du pire, auquel l’artiste palestinien s’intéresse et qu’il tente en quelque sorte de prolonger à l’infini dans l’œuvre « Remnants ». En ce sens, comme une distorsion volontaire du réel, il fait une capture d’écran avec la photo encore indéfinie, floue, qu’il reproduit à l’huile sur des toiles. Si, là encore, on a l’impression de faire face à des entrelacs de formes fluides et imprécises, l’œuvre est en fait sous-tendue par une volonté certaine d’étendre ce moment d’ignorance et ainsi conjurer, ne serait-ce qu’en pensée, l’inévitable découverte d’une insoutenable réalité.



















