Le Socle du monde & Constellation, 2011
Cette installation, composée d’un matelas en pavés et d’une photographie numérique, prise dans l’obscurité du capuchon de l’appareil photo maintenu fermé, est un double hommage au célèbre Socle du monde (1961) de Piero Manzoni et à Galilée, à qui Manzoni rendait justement hommage. Ces deux éléments, l’un très matériel, massif, pesant, et l’autre immatériel, impalpable, vide, respectivement incarnés par des matériaux antagonistes (la pierre et le numérique), constituent un univers poétique, une sorte de rêve indéchiffrable dans lequel les objets familiers revêtent une apparence méconnue, dissonante, parfois imprécise… Le matelas évoque le repos, le sommeil, l’inconscient, le rêve, la sensualité… Lieu des secrets – refuge face au monde – et de la conception, il porte en lui sa propre contradiction : l’homme qui y rend son dernier souffle (lorsqu’il a la « chance » de mourir au repos), ce que souligne la pierre, élément sépulcral, froid, silencieux, immobile. Si ces deux éléments (l’atome, le matelas) peuvent générer la vie, le possible, ils symbolisent également son absence, le retour à la poussière… (texte de Sophie Jaulmes)



